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Droits des passagers aériens en Europe
Vers une réforme historique entre protections et intérêts corporatifs

ReFly protège les droits des passagers aériens.

Le 21 janvier 2026 marque un moment crucial dans l’histoire de la protection des passagers aériens en Europe. Par un vote d’une cohésion exceptionnelle, le Parlement européen a adopté sa position sur la révision des règles communautaires régissant les droits des passagers dans le transport aérien, recueillant pas moins de 632 voix favorables contre seulement 15 oppositions et 9 abstentions.

Ce résultat, proche de l’unanimité, envoie un message fort et sans équivoque : l’Europe doit se placer du côté des citoyens et de leurs droits, et non des intérêts des compagnies aériennes.

Le texte adopté constitue une tentative ambitieuse de simplifier les procédures de remboursement, de renforcer la protection des voyageurs vulnérables et de lutter contre les pratiques commerciales discutables de certains opérateurs, en particulier des compagnies low cost.

Cependant, le chemin vers une réforme effective demeure encore incertain. Le Parlement devra désormais se confronter au Conseil de l’Union européenne, qui a déjà exprimé une position sensiblement différente, reflétant les intérêts des gouvernements nationaux et, indirectement, ceux des compagnies aériennes. Cette divergence de vues a conduit les experts et les représentants des associations de consommateurs à anticiper une phase de conciliation intense et complexe, au cours de laquelle l’affrontement entre deux visions opposées du transport aérien européen devrait encore s’accentuer.

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Le Règlement 261/2004 et son impact sur la protection des passagers

Pour comprendre pleinement la portée de la réforme proposée, il est essentiel de retracer brièvement l’évolution réglementaire ayant conduit au cadre actuel de protection des passagers aériens. En février 2004, le Parlement européen et le Conseil ont adopté le Règlement (CE) n° 261/2004, un acte législatif qui a constitué une véritable révolution dans le droit européen du transport aérien.

Ce règlement, entré en vigueur le 22 février 2005, a instauré pour la première fois des règles communes en matière d’indemnisation et d’assistance aux passagers en cas de refus d’embarquement, d’annulation de vol ou de retard prolongé.

Avant l’adoption de ce règlement, la situation du transport aérien européen était profondément fragmentée. Les droits des passagers étaient régis par la Convention de Montréal de 1999 et, dans une moindre mesure, par l’ancienne Convention de Varsovie de 1929, mais ces cadres internationaux n’offraient pas un niveau de protection suffisant et n’étaient pas appliqués de manière uniforme dans toute l’Europe. L’absence d’une réglementation communautaire cohérente faisait que les passagers européens bénéficiaient de niveaux de protection très variables selon leur pays d’origine et la compagnie aérienne utilisée.

Le Règlement 261/2004 a clairement défini les droits des passagers en cas d’irrégularités de vol. Il prévoit notamment que les passagers ont droit à une indemnisation financière lorsque leur vol subit un retard à l’arrivée supérieur à trois heures (calculé à partir de l’heure d’atterrissage effective par rapport à l’heure prévue), lorsque le vol est annulé ou lorsque l’embarquement leur est refusé en raison d’un surbooking.

Les montants de l’indemnisation varient en fonction de la distance du vol : 250 € pour les vols d’une distance inférieure ou égale à 1 500 kilomètres, 400 € pour les vols intracommunautaires de plus de 1 500 kilomètres et pour tous les autres vols compris entre 1 500 et 3 500 kilomètres, et enfin 600 € pour tous les autres vols.

Au-delà de l’indemnisation financière, le règlement prévoit également des droits à l’assistance pour les passagers affectés par des perturbations. En cas de retard prolongé, les compagnies aériennes sont tenues de fournir des rafraîchissements et des repas proportionnés au temps d’attente, ainsi que des communications téléphoniques ou électroniques. Si le retard entraîne une nuitée imprévue, la compagnie doit assurer l’hébergement et le transport entre l’aéroport et le lieu d’hébergement.

Malgré les avancées majeures apportées par le Règlement 261/2004, son application pratique a mis en évidence de nombreuses difficultés au fil des années. Les compagnies aériennes ont en effet souvent trouvé des moyens d’éluder ou de limiter leurs obligations d’indemnisation par des interprétations restrictives des dispositions, en particulier en invoquant la clause des "circonstances extraordinaires", qui exclut le droit à indemnisation pour les situations totalement indépendantes du contrôle du transporteur (telles que les catastrophes naturelles, les conditions météorologiques extrêmes ou les actes de sabotage).

En outre, les procédures de réclamation restent complexes et dissuasives, à tel point que moins de 10 pour cent des passagers ayant effectivement subi un dysfonctionnement parviennent à obtenir l’indemnisation prévue par la réglementation. Une étude récente révèle que 52 pour cent des demandes d’indemnisation sont rejetées de manière illégitime, mettant en évidence un schéma systématique de violation des droits pourtant garantis par la loi.

La proposition de réforme du Parlement européen: une vision centrée sur les droits des citoyens

Précisément afin de répondre à ces lacunes et d’adapter la réglementation aux évolutions intervenues dans le secteur du transport aérien au cours des vingt dernières années, l’Union européenne a lancé en 2025 un processus de révision du Règlement 261/2004.

Après plusieurs mois de travaux au sein des commissions parlementaires, le 21 janvier 2026, le Parlement européen a adopté sa position sur la réforme, traçant une orientation claire visant à renforcer et à simplifier la protection des passagers.

Maintien du seuil de trois heures pour les retards

Un point fondamental de la position du Parlement concerne le maintien du seuil de trois heures de retard comme condition ouvrant droit à indemnisation. Ce choix constitue un rejet explicite des tentatives des gouvernements nationaux visant à relever ce seuil.

Le Conseil de l’Union européenne a en effet proposé de repousser le moment à partir duquel le droit à indemnisation s’applique, en le faisant varier de quatre à six heures selon la distance du vol. Du point de vue des passagers, cette proposition du Conseil représenterait un véritable recul de la protection : relever le seuil au-delà de trois heures signifierait exclure de l’indemnisation des millions de voyageurs subissant des retards importants mais inférieurs à quatre heures.

Le Parlement, en revanche, a choisi de maintenir le seuil actuel, réaffirmant le principe selon lequel un retard de trois heures constitue un préjudice substantiel pour le passager, justifiant une compensation financière.

Préservation des montants d’indemnisation

Conformément à l’objectif de maintenir le niveau de protection existant, le Parlement a proposé de préserver les montants actuels d’indemnisation, compris entre 300 et 600 € selon la distance du vol.

Cette position est diamétralement opposée à celle du Conseil, qui suggère une réduction des montants maximaux à 500 €.

Compte tenu de l’inflation accumulée depuis 2004, certains observateurs ont même souligné que les montants actuels auraient dû être revus à la hausse. La décision du Parlement de les maintenir à leur niveau actuel constitue donc un compromis raisonnable qui n’aggrave pas la situation, tout en protégeant les passagers contre une nouvelle perte de pouvoir d’achat.

Bagage cabine gratuit et suppression des frais supplémentaires injustifiés

Un aspect particulièrement innovant de la proposition parlementaire concerne la standardisation des droits liés aux bagages. Le Parlement a proposé que tous les passagers aient le droit d’emporter gratuitement à bord un objet personnel (tel qu’un sac à main, un sac à dos ou un ordinateur portable) ainsi qu’un petit bagage cabine dont les dimensions ne dépassent pas 100 centimètres (calculées comme la somme de la longueur, de la largeur et de la hauteur) et dont le poids n’excède pas 7 kilogrammes.

Cette proposition vise à harmoniser les pratiques du secteur et à éliminer une source majeure de confusion et de frustration pour les passagers.

En complément de cette mesure principale, le Parlement a également proposé de supprimer les frais supplémentaires pour la correction d’erreurs dans les données des passagers (comme le nom) et pour le service de check-in, ainsi que de garantir aux passagers la possibilité de choisir entre une carte d’embarquement numérique ou papier.

Ces mesures ont été explicitement conçues pour contrer les pratiques commerciales de Ryanair, la compagnie aérienne low cost européenne qui a systématiquement monétisé des services considérés comme standards par d’autres compagnies. Ryanair a en effet supprimé les cartes d’embarquement papier, n’autorisant que la version numérique ; imposé des frais importants pour la modification des données figurant sur les billets ; limité le check-in gratuit à certaines plages horaires avant le départ ; et n’autorise l’accès gratuit en cabine qu’à un petit sac à placer sous le siège. Les mesures proposées par le Parlement constituent donc une tentative de rétablir une concurrence équitable dans le secteur et de protéger les passagers contre les pratiques commerciales les plus agressives.

Renforcement de la protection des passagers vulnérables

La proposition du Parlement accorde une attention particulière aux catégories de passagers les plus vulnérables. Elle prévoit notamment que les personnes à mobilité réduite, les femmes enceintes, les nourrissons et les enfants en poussette bénéficient d’une priorité d’embarquement automatique.

En outre, pour ces catégories, les accompagnateurs doivent pouvoir s’asseoir à côté du passager sans frais supplémentaires. Enfin, ces passagers ont droit à une indemnisation et à une assistance s’ils manquent leur vol en raison d’une absence d’assistance aéroportuaire.

Ces mesures répondent à des considérations à la fois pratiques et éthiques. D’un point de vue pratique, les personnes à mobilité réduite nécessitent davantage de temps pour l’embarquement et le débarquement, ce qui fait de la priorité d’embarquement une question d’accessibilité plutôt que de privilège. Les femmes enceintes et les nourrissons représentent des situations de vulnérabilité justifiant des mesures de protection spécifique.

D’un point de vue éthique, garantir aux accompagnateurs la possibilité de s’asseoir à côté des personnes vulnérables sans frais supplémentaires constitue une reconnaissance de leur dignité et de la nécessité d’une continuité dans l’assistance, plutôt qu’une simple considération commerciale.

Clarification des circonstances extraordinaires

Le Parlement a également proposé que la Commission européenne mette régulièrement à jour la liste des circonstances extraordinaires exonérant les compagnies aériennes du paiement de l’indemnisation. Il s’agit d’une tentative importante visant à réduire l’incertitude juridique qui entoure actuellement cette notion. À l’heure actuelle, compagnies aériennes et passagers se disputent fréquemment sur la qualification d’une situation donnée en tant que « circonstance extraordinaire » excluant le droit à indemnisation.

La Cour de justice de l’Union européenne s’est prononcée à plusieurs reprises sur des situations spécifiques (par exemple, des conditions météorologiques extrêmes ou des problèmes mécaniques non détectés avant le vol), mais le domaine demeure marqué par des ambiguïtés et des interprétations divergentes.

Une liste actualisée et publique des circonstances extraordinaires approuvée par la Commission européenne offrirait aux passagers comme aux compagnies aériennes un cadre clair et prévisible, réduisant les litiges et renforçant la transparence.

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L’opposition : le Conseil de l’Union européenne et l’orientation vers les intérêts corporatifs

Alors que le Parlement européen a adopté une position clairement axée sur la protection des passagers, le Conseil de l’Union européenne — où siègent les représentants des gouvernements nationaux — a affiché une approche sensiblement différente. Le Conseil a proposé un modèle dans lequel les droits des passagers seraient fortement réduits, avec une orientation manifeste en faveur des intérêts des compagnies aériennes.

Les principaux points de divergence

Aspetto Parlamento europeo Consiglio UE
Seuil de retard 3 ore 4–6 ore (variabile)
Montants d’indemnisation 300–600 € 300–500 €
Bagage cabine Gratuit, max. 100 cm, 7 kg Moins précis, discrétionnaire
Frais supplémentaires Supprimés Limitazioni meno rigide
Formulaires préremplis Oui, sous 48 heures Non prévu
Priorità per le categorie vulnerabili Automatica + accompagnatore senza costi Moins protecteur

Nota : Le tableau compare les positions concernant la révision du Règlement 261/2004. Les divergences mettent en évidence des visions différentes de la protection des droits des passagers aériens européens.

L’influence des gouvernements nationaux et des lobbies corporatifs

La position du Conseil reflète le poids du lobbying des compagnies aériennes auprès des gouvernements nationaux. Plusieurs États membres ont en effet exercé de fortes pressions pour affaiblir la protection des passagers, estimant qu’un tel affaiblissement favoriserait leurs "champions nationaux" dans le secteur aérien. En particulier, le gouvernement italien, guidé par le ministre des Transports Matteo Salvini, s’est aligné parmi les partisans de la position la plus favorable aux compagnies aériennes.

Cette dynamique révèle un conflit plus profond concernant la vision de l’Union européenne. Pour le Parlement européen, qui représente directement les citoyens à travers des élections démocratiques, la priorité est la protection du consommateur et le renforcement des droits fondamentaux. Pour de nombreux gouvernements nationaux, en revanche, la priorité est souvent de soutenir l’industrie nationale et de favoriser la compétitivité internationale de leurs compagnies aériennes, même au prix d’une réduction de la protection des consommateurs.

Ce conflit de perspectives est central dans la dynamiques législative européenne et constitue une tension permanente dans la construction de l’Union.

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L’application pratique : pourquoi les réformes sont nécessaires

Pour comprendre l’urgence de la réforme, il est utile d’examiner comment fonctionnent concrètement les droits nominalement reconnus par le Règlement 261/2004.

L’écart entre la norme et la pratique

Bien que le Règlement 261/2004 reconnaisse clairement les droits des passagers, leur mise en œuvre effective reste problématique. Comme évoqué précédemment, moins de 10 pour cent des passagers ayant subi une perturbation parviennent à obtenir l’indemnisation prévue. Cet écart important entre les droits théoriques et les droits effectivement exercés s’explique par plusieurs facteurs.

  • Complexité des procédures de réclamation : Actuellement, les passagers qui souhaitent réclamer une indemnisation doivent contacter la compagnie aérienne via des canaux souvent difficiles à identifier, remplir des formulaires non standardisés, rassembler des documents (billet, preuve du retard ou de l’annulation, coordonnées) et attendre des réponses qui peuvent prendre des semaines, voire des mois. De nombreux passagers se découragent face à cette procédure et renoncent tout simplement à demander leur indemnisation.
  • Tactiques de refus systématique : Les compagnies aériennes ont développé diverses stratégies pour réduire les paiements d’indemnisation. Une tactique courante consiste à invoquer de manière vague des « circonstances extraordinaires » sans fournir de justification claire, contraignant le passager à engager une procédure juridique pour contester le refus. Une autre stratégie consiste à proposer des bons de voyage au lieu d’un remboursement en espèces, alors même que le Règlement 261/2004 précise que l’indemnisation financière constitue le droit préférentiel du passager.
  • Absence d’un contrôle uniforme : Les États membres n’ont pas mis en place de systèmes harmonisés pour faire respecter les droits des passagers. Dans certains pays, les autorités compétentes (comme l’ENAC en Italie) disposent de procédures efficaces pour recevoir et traiter les réclamations, tandis que dans d’autres, les mécanismes sont nettement plus insuffisants. Il en résulte une mosaïque de niveaux de protection différents selon le pays d’origine du passager.

Le cas de Ryanair : lorsque les pratiques commerciales entrent en conflit avec l’esprit de la loi

Ryanair constitue un exemple emblématique de la manière dont une compagnie aérienne peut opérer dans le respect de la lettre de la loi (en se conformant formellement au Règlement 261/2004) tout en violant, dans les faits, l’esprit des protections prévues.

Au fil des années, la compagnie a mis en place une série de politiques commerciales qui, bien que techniquement compatibles avec le règlement, ont pour effet concret de rendre l’accès aux droits des passagers plus difficile et plus coûteux.

Par exemple, Ryanair propose exclusivement des cartes d’embarquement numériques, ce qui signifie que les passagers ne disposant pas de smartphone ou d’une connexion internet aux portes d’embarquement peuvent rencontrer des difficultés lors du check-in.

De la même manière, la compagnie limite le check-in gratuit à certaines plages horaires (généralement jusqu’à deux heures avant le départ), ce qui conduit de nombreux passagers à se sentir contraints de payer pour un service de check-in assisté. Enfin, elle impose des frais élevés pour la correction d’erreurs dans les données figurant sur le billet, même lorsqu’il s’agit de simples fautes de frappe dans le nom du passager. Bien que techniquement légales, ces pratiques constituent une source constante de frustration pour les passagers et contribuent à une dégradation de la qualité globale du service.

Le rôle clé de la simplification des procédures

La proposition du Parlement visant à introduire des formulaires préremplis constitue une reconnaissance essentielle du fait que le problème ne réside pas uniquement dans le niveau de protection nominale, mais surtout dans l’accessibilité pratique de cette protection.

Rendre les procédures de réclamation simples, standardisées et proactives (avec la compagnie qui envoie le formulaire au passager plutôt que d’attendre que celui-ci contacte la compagnie) entraînerait une augmentation significative du nombre de passagers qui reçoivent effectivement l’indemnisation à laquelle ils ont droit.

Ce changement représenterait une étape importante vers un modèle de protection des consommateurs plus efficace, dans lequel les droits théoriques se transforment en droits réellement exercés.

En économie comportementale, ce phénomène est connu sous le nom de pouvoir du "nudge" ou du "choix par défaut" : lorsque le système est conçu pour faciliter l’exercice d’un droit, le nombre de personnes qui l’exercent effectivement augmente de manière spectaculaire, même en l’absence de modification du niveau nominal de protection.

Le processus législatif : du Parlement au comité de conciliation

Bien que l’adoption par le Parlement européen du 21 janvier 2026 constitue une étape importante, le chemin vers une réforme effective est encore loin d’être achevé.

La procédure de codécision européenne

Dans le système législatif européen, la procédure ordinaire prévoit que le Parlement et le Conseil doivent parvenir à un accord sur un texte commun pour qu’une norme soit adoptée. Lorsque leurs positions divergent de manière significative, comme c’est le cas pour la réforme des droits des passagers aériens, l’étape suivante consiste à mettre en place un comité de conciliation, composé d’un nombre égal de représentants du Parlement (27) et du Conseil (27), chargé de trouver un compromis acceptable pour les deux parties.

Le comité de conciliation dispose d’un délai, généralement de six semaines (prolongeable jusqu’à huit semaines), pour parvenir à un accord sur un texte unique. Si le comité ne parvient pas à un accord dans ce délai, la proposition devient caduque et la réglementation précédente reste en vigueur.

Dans le cas de la révision des droits des passagers aériens, cela signifierait que le Règlement 261/2004 continuerait de s’appliquer dans sa version actuelle.

Les perspectives de négociation

Les observateurs des dynamiques européennes estiment que la phase de conciliation sera intense et marquée par de nombreux compromis. Certains domaines où un accord pourrait être plus facile concernent la clarification des circonstances extraordinaires, un sujet d’intérêt commun aux deux institutions, ainsi que l’assistance aux passagers bloqués, un point sur lequel les positions sont déjà relativement convergentes.

D’autres domaines s’annoncent plus difficiles à concilier, notamment la durée du retard ouvrant droit à indemnisation, avec un écart important entre les trois heures proposées par le Parlement et les quatre à six heures proposées par le Conseil ; les montants d’indemnisation, que le Parlement souhaite maintenir au niveau actuel ou augmenter, tandis que le Conseil préconise une réduction ; ainsi que le bagage cabine et les frais supplémentaires, des enjeux symboliquement forts en tant que réponses aux pratiques de Ryanair.

Une hypothèse réaliste serait que le comité de conciliation parvienne à un compromis maintenant le seuil de trois heures (ce qui représenterait une victoire majeure pour le Parlement et les consommateurs), autorisant une augmentation modérée des montants d’indemnisation, affirmant le droit au bagage cabine gratuit avec des dimensions standardisées, et introduisant des formulaires préremplis avec des modalités légèrement ajustées. En cas d’échec du comité, le maintien du statu quo serait l’issue la plus probable, ce qui constituerait malgré tout un revers pour les tentatives du Conseil visant à réduire les protections existantes.

Quel est le montant de l'indemnisation ?

ReFly Refund of air ticket due to flight delay
250 €

L'indemnisation de 250 € pour un vol retardé s'applique spécifiquement aux vols de moins de 1500 km.

ReFly Refund and compensation for flight delays
400 €

Une indemnité de 400 € pour un vol retardé s'applique aux vols entre 1500 km et 3500 km.

ReFly Compensation for flight delays
600 €

L'indemnisation de 600 € pour un vol en retard s'applique aux vols de plus de 3500 km.

Le cadre général : droits des passagers et durabilité du secteur aérien

Un argument souvent avancé par ceux qui soutiennent un affaiblissement de la protection des passagers est que des niveaux élevés d’indemnisation et des droits d’assistance entraîneraient des coûts pour les compagnies aériennes, qui se répercuteraient ensuite sur le prix des billetts, rendant le transport aérien moins accessible. Toutefois, cette argumentation ne tient pas suffisamment compte de plusieurs facteurs essentiels.

Premièrement, les compagnies aériennes ont enregistré des bénéfices significatifs dans les années ayant suivi l’adoption du Règlement 261/2004, démontrant qu’il est possible d’opérer de manière rentable tout en respectant des standards élevés de protection des consommateurs. Deuxièmement, les coûts liés à l’indemnisation sont déjà, dans une large mesure, intégrés dans le prix des billets : les passagers qui achètent un billet paient implicitement une forme "d’assurance" contre les perturbations futures. Troisièmement, la protection des consommateurs constitue une valeur fondamentale d’une économie de marché bien fonctionnante : les marchés où les consommateurs ne sont pas protégés tendent à être marqués par des asymétries d’information, une mauvaise qualité de service et des inefficiences.

La véritable question n’est donc pas de savoir si les compagnies aériennes peuvent supporter le coût de la protection des passagers, mais plutôt comment ce coût doit être réparti. La position du Parlement européen repose sur le principe selon lequel, lorsqu’une compagnie aérienne n’honore pas ses obligations contractuelles (en ne fournissant pas le service à l’heure), le préjudice économique qui en découle doit être supporté principalement par la compagnie, et non par le passager.

Le vote du Parlement européen du 21 janvier 2026 constitue un moment clé dans l’histoire de la protection des passagers aériens européens. Par une majorité exceptionnelle, les députés ont réaffirmé le principe fondamental selon lequel l’Union européenne doit se placer du côté des citoyens et de leurs droits, et non des intérêts corporatifs des compagnies aériennes. Les propositions concrètes — maintien du seuil de trois heures, préservation des montants d’indemnisation, introduction du bagage à main gratuit, simplification des procédures de remboursement, renforcement de la protection des passagers vulnérables — représentent une tentative cohérente de transformer des droits théoriques en droits réellement exercés.

Cependant, le chemin vers une réforme effective demeure incertain. La confrontation avec le Conseil de l’Union européenne, où les gouvernements nationaux privilégient souvent les intérêts des compagnies aériennes, impliquera des négociations intenses et des compromis difficiles. Le comité de conciliation représentera une arène cruciale où la vision d’une Europe au service des citoyens devra se mesurer à celle d’une Europe au service des intérêts corporatifs.

Indépendamment de l’issue des négociations, le message envoyé par le Parlement européen est fort : des millions de passagers européens méritent des protections claires, simples et effectives. À un moment où la confiance envers les institutions européennes est en recul dans de nombreux États membres, un succès dans la protection des droits des passagers aériens pourrait envoyer un signal important montrant que l’Union européenne est encore capable d’améliorer concrètement la vie de ses citoyens. À l’inverse, un échec ou un compromis trop faible risquerait d’alimenter davantage la perception d’une Europe plus attentive aux intérêts des multinationales qu’à ceux des citoyens ordinaires.

Pour les voyageurs européens, quel que soit le résultat, il reste essentiel de connaître leurs droits actuels au titre du Règlement 261/2004 et de ne pas hésiter à les faire valoir en cas de perturbations. Dans l’attente de la réforme, la bataille pour la protection des passagers aériens européens continue, et son issue aura des implications qui dépasseront largement le seul secteur des transports.

En savoir plus sur :

Vos droits en cas de retard ou annulation de vol

Foire aux questions sur les droits des passagers aériens

La réforme vise à renforcer la protection des passagers aériens en Europe en maintenant le seuil de trois heures pour l’indemnisation en cas de retard, en préservant les montants actuels d’indemnisation, en introduisant le bagage cabine gratuit et en simplifiant les procédures pour obtenir des remboursements et une assistance.

Le Parlement européen propose de maintenir les protections et les indemnisations actuelles, tandis que le Conseil de l’UE souhaiterait relever le seuil de retard ouvrant droit à indemnisation et réduire les montants maximaux d’indemnisation, favorisant davantage les intérêts des compagnies aériennes.

La réforme prévoit que tous les passagers aient le droit d’emporter gratuitement à bord un objet personnel et un petit bagage cabine d’une taille maximale de 100 cm et d’un poids maximal de 7 kg, supprimant ainsi les frais supplémentaires et les pratiques commerciales restrictives.

La proposition garantit une priorité d’embarquement automatique pour les personnes à mobilité réduite, les femmes enceintes, les nourrissons et les enfants en poussette, ainsi que le droit pour les accompagnateurs de s’asseoir à côté sans frais supplémentaires.

La réforme prévoit une liste actualisée et publique des circonstances extraordinaires, établie par la Commission européenne, afin de réduire l’ambiguïté et de renforcer la transparence entre les compagnies aériennes et les passagers.

L’indemnisation varie en fonction de la distance du vol : 250 € pour les vols jusqu’à 1 500 km, 400 € entre 1 500 et 3 500 km, et 600 € pour les vols de plus de 3 500 km.

Il suffit d’envoyer une demande d’indemnisation accompagnée des documents de voyage. La réforme vise à simplifier et accélérer la procédure, notamment grâce à des formulaires préremplis fournis par les compagnies aériennes.

Si le comité de conciliation ne parvient pas à un accord dans le délai prévu, la proposition de réforme devient caduque et le Règlement 261/2004 reste en vigueur dans sa version actuelle.

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relatifs aux droits des passagers

Seuls quelques voyageurs aériens connaissent leurs droits, et beaucoup d'entre eux n'ont pas la compréhension juridique nécessaire pour demander des indemnisations pour les retards de vol. Même s'ils sont conscients de leurs droits, le processus pour demander une indemnisation auprès des compagnies aériennes peut être difficile.